Vendredi 1 mai 2009
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La trêve de Malestroit, le 19 janvier 1343
En Bretagne, à la
suite de la mort sans héritier, en 1341, du duc Jean III, enterré à Ploërmel, deux ducs Jean de Montfort et Charles de Blois s'affrontent pour obtenir la couronne de duc.
En France vient de commencer une longue guerre (la guerre de Cent Ans), opposant Anglais et Français dont les rois veulent, chacun, la couronne de France.
Depuis 1309, le pape siège à Avignon et, en 1342, Pierre-Roger de Montfort, un bénédictin limougeaud, est élu pape sous le nom de Clément VI.
La guerre de Succession de Bretagne, internationalisée, divise et ruine les Bretons. La principauté bretonne devient une plate-forme privilégiée en vue de la conquête du royaume de France par les
Anglais, les alliés des montfortistes, partisans de Jean de Montfort. Les Français soutiennent les blésistes, partisans de Charles de Blois, un neveu du roi valoisien.
Fin octobre 1342, Edouard III, roi d'Angleterre débarque en Bretagne et, à la tête d'une forte troupe de plus de 10 000 hommes avec les renforts bretons montfortistes, programme de prendre
Nantes, Rennes et Vannes aux mains des Franco-Bretons. Il s'installe près de Vannes et envoie des lieutenants investir Rennes et Nantes. Charles de Blois presse le roi de France de venir à son
secours. Fin décembre, le duc de Normandie (futur roi Jean II le Bon), prend Ploërmel et s'installe à proximité, avec sa nombreuse armée, trois à quatre fois plus nombreuse que celle d'Edouard
III. Il est rejoint par le roi Philippe VI. C'est la première fois, dans l'histoire de Bretagne que sont présents, face à face, les deux rois de France et d'Angleterre –qui, à partir de leurs
deux camps retranchés, préparent une grande bataille.
Le pape Clément VI délègue, pour négocier la paix, deux cardinaux, celui de Prenestre, Pierre Després de Montpezat et celui de Tusculum, Annibal Caietani de Ceccano, qui obtiennent un
sauf-conduit anglais pour s'installer à Malestroit. Avec beaucoup de patience et de diplomatie, des deux cardinaux réussissent à convaincre les deux rois et leur entourage, pourtant très hostiles
à ces négociations. Le 19 janvier 1343, en la chapelle du Prieuré de la Madeleine (aujourd'hui en ruine bien conservée), est signée une trêve. La grande bataille est évitée. Le roi Philippe VI
rentre en France avec son armée mais il ne libère par Montfort, retenu prisonnier à Paris. Le roi Edouard III regagne l'Angleterre et y amène la duchesse Jeanne de Flandre (épouse de Montfort) et
son fils Jean afin de le mettre à l'abri et l'éduquer. Mais il laisse des troupes en Bretagne pour garder les possessions de Jean de Montfort. En fait, la question de la succession bretonne n'est
pas résolue, chaque prétendant gardant, sous la protection respective de la France et de l'Angleterre, le bénéfice des territoires acquis et occupés.
La trêve conclue jusqu'à la saint Michel, le 29 septembre 1346, ne sera guère respectée puisque, dès le 2 août 1343, Olivier de Clisson (le père du futur connétable de France), est-il arrêté, sur
ordre du roi de France, malgré un sauf-conduit et traîtreusement décapité. Le 29 novembre de la même année, 14 seigneurs
bretons montfortistes (dont deux Malestroit, père et fils), sont également
décapités, en pleine trêve de Malestroit.
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